Écrire pour réfléchir et pour transmettre

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Se mettre à son clavier, à son portable, sinon à sa plume, pour tracer quelques lignes, permet de se recentrer un instant ou un moment plus long. Tout le monde le fait de nos jours, plus ou moins, et même si on dit être dans la civilisation de l’image, c’est fou ce qu’on écrit avec les nouveaux outils, parfois de simples bribes de texte.

Dès qu’on se met à penser vraiment à ce qui nous intéresse ou nous préoccupe, sortant des distractions continuelles, et aussi à songer à qui l’on s’adresse, on peut très facilement avoir envie d’aller plus loin que les salves de 140 caractères ; vous savez, celles que certaines célébrités, notamment politiques, envoient à la face de leurs contemporains, l’air apparemment satisfait (on est là davantage dans l’image narcissique que dans la pensée et la vraie communication). C’est seulement au-delà que l’on commence à écrire, et donc à réfléchir vraiment à ce que l’on dit. Et c’est là que l’idée du livre, si mince soit-il, vient assez simplement à l’esprit.

Ma mere, Dieu, mon pere, L'innommable et moi

Mon intérêt pour l’écriture remonte à mon adolescence, et mes écrits sous forme de notes et de développements manuscrits, parfois dactylographiés, sont longtemps restés enfermés sur des feuilles ou dans des cahiers. C’est suite à un voyage familial mémorable dans l’ouest canadien, il y a plus de dix ans maintenant, que j’ai mis en page un Journal d’Extrême-Occident, comme je l’ai appelé. Je me suis alors retrouvé avec un document fini, cherchant un mode de fabrication de l’objet en multiples exemplaires. Lulu, en phase d’accélération, en bout de piste, en train de décoller, commençait à faire parler de lui (ou d’elle ?). Je n’ai pas hésité. Mon journal, imprimé si rapidement et si simplement, m’a paru du plus bel effet et, depuis, 12 autres projets ont vu le jour ! Des nouvelles, des essais, des contes, tout ce qui restait enfermé dans mes pensées ou notes depuis pas mal de temps, prenant le temps de mûrir, et qui soudain pouvait prendre son envol… Il m’était enfin possible non seulement de réfléchir en écrivant, ce dans quoi je me sens le plus moi-même, mais aussi de transmettre, autour de moi et à tous les vents, le monde tel que je le vois.

Bien sûr, l’ascension stratosphérique de Lulu (mon premier projet porte en 2007 un numéro d’édition inférieur au million ; le dernier, il y a six mois, de près de 20 millions), son élargissement et sa profusion ne vont pas sans poser la question de la visibilité. C’est le syndrome de l’aiguille dans la meule de foin, propre à l’âge numérique et à Internet.

Mais quand l’objet existe, tout est possible, alors que quand il reste dans un tiroir, ou dans celui des éditeurs classiques, qui choisissent selon des critères toujours opaques et peu démocratiques, rien ne l’est. Je le sais, j’ai essayé !

A partir de l’écrit, du livre, il est aussi possible de faire vivre son travail par différents moyens et supports, des blogs par exemple, tout en pouvant se référer aux publications développées par ailleurs. On peut alors commencer à s’occuper de diffusion, de promotion et de discussion sur son vécu et ses idées. C’est ce que je me propose de faire à côté du travail d’écriture proprement dit, quand le temps sera moins rare.


À propos de Jean-Pierre Abbet

Jean-Pierre Abbet vit à Lausanne, en Suisse. Il est sociologue et anthropologue de formation et travaille comme chercheur en éducation dans le cadre d’un parcours varié au cours duquel il a publié des ouvrages et articles à titre professionnel. C’est cependant l’écriture personnelle, en amateur (celui qui aime), qui l’intéresse depuis sa jeunesse, à propos de la quête du sens de l’existence. Sa prochaine retraite professionnelle lui donnera tout loisir de s’y consacrer pleinement. Visitez la page Focus sur l’auteur de Jean-Pierre Abbet.


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