Interview avec Superflame : l’auto-marketing à l’ère numérique

Article en Vedette

Comédien, Imitateur et maintenant auteur auto-édité, aujourd’hui nous avons le plaisir de partager avec vous une interview avec Superflame, personnalité de Youtube et créateur de sa chaîne éponyme. 

Superflame

Superflame a débuté sur Youtube en 2013, lançant sa carrière avec la publication de « 51 Imitations & Bruitages, » en imitant des personnages tels que Homer Simpson, Mickey Mouse et Astérix et Obélix. Après un certain temps, sa chaîne a évolué en ajoutant d’autres types de contenu comme par exemple la série Instant Poète, des reportages satiriques et même des courtes histoires narrées en vidéo. Ce dernier entraînerait, en fin de compte, la création du transcrit que le jeune auteur utiliserait pour son roman auto-édité. 

Depuis son début, sa chaîne a réuni plus de 420 000 abonnées et a cumulé plus de 39 000 000 de vues. Il a collaboré avec « de nombreux autres vidéastes talentueux » ainsi que des boîtes de production et des artistes hors Youtube. Avec son projet le plus récent, ainsi que l’un des plus ambitieux, le Youtubeur a collaboré avec studio Soundlife afin de réaliser l’adaptation de son concept pour un policier fantastique en vidéo avec la sortie de sa web-série « Andrew Bennett, » maintenant disponible gratuitement sur Youtube. 

Pour la plupart des auteurs auto-édités, ce n’est pas l’écriture qui leur donne du fil à retordre, mais le marketing. Dès sa sortie en novembre 2018, le livre de Superflame, Le Calendrier D’avant la Fin Des Temps, a atteint la seconde place du Top 10 des ventes de livres en français sur Lulu.com.  Puis, en décembre, il a avancé jusqu’à la première place. Si vous vous demandez, mais comment fait-il pour avoir un tel succès, vous n’êtes pas le/la seul(e) à vous poser la question. Du coup, nous l’avons pensé lui comment il s’y prend et l’avons contacté pour lui poser quelques questions sur son expérience avec l’auto-édition.

Lulu : Tout d’abord, qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture en général et à la conception de votre premier livre, Le Calendrier D’avant la Fin Des Temps ?

Superflame : Depuis tout petit, j’adore écrire. J’ai une certaine facilité à aligner les mots pour en faire des phrases qui finissent par donner des histoires. D’une manière générale, je n’ai véritablement commencé à exploiter cette partie de moi que grâce à ma chaine Youtube. La plupart des vidéos que j’y poste sont écrites. Sur ma chaine, il y a un format de vidéo qui nécessite un gros travail d’écriture : ce sont les SUPERFLAME STORIES, des fictions audios que je narre seul, en faisant les voix des différents personnages. Ces histoires ont pour particularité de mêler le monde réel à des phénomènes étranges, voir surnaturels. Aux alentours de fin novembre 2017, j’ai eu envie de proposer à mes abonnés un SUPERFLAME STORY d’un genre nouveau : il ne s’agissait pas d’une petite histoire d’une dizaine de minutes, mais d’une série entière composée de 24 épisodes destinés à être diffusés quotidiennement du 1er au 24 décembre. Nom de cette fiction audio : Le Calendrier D’avant la Fin Des Temps. 

L’histoire est la suivante :

Depuis le premier décembre, à l’approche de Noël, le petit village montagnard de Marmotin, si calme d’ordinaire, est bouleversé par une série de meurtres quotidiens. A chaque fois, les victimes semblent choisies au hasard et sont retrouvées décapitées. Dans la confusion générale, l’inspecteur Nathan Bloom tente de lever le voile sur cette curieuse affaire et voit son enquête troublée par l’arrivée en ville d’un homme étrange, un certain Andrew Bennett, semblant en savoir beaucoup sur ce qui se trame. Si l’enquête n’est pas résolue rapidement, ce sera la fin des temps.

L’engouement pour cette histoire et cet univers fut tel que lorsque je rencontrais mes abonnés lors d’évènements type conventions, ils ne faisaient presque que de me parler de ça. Pour la première fois, ils s’intéressaient plus à l’univers et les personnages que j’avais créé qu’à moi-même. Ils voulaient en savoir plus, connaître la suite, découvrir de nouvelles aventures. C’est là que je me suis rendu compte du potentiel narratif de ce que j’écris.

Tout naturellement j’ai donc eu l’envie d’exploiter au maximum cet univers, c’est pourquoi j’ai lancé deux projets :

  • Convertir cette Fiction Audio en Roman (ce qui fut assez simple étant donné que le texte était déjà basiquement écrit comme un roman).
  • Porter cet univers à l’écran. Ce que j’ai réussi à faire grâce l’aide d’une boîte de production (plus de 100 000 euros de budget).

L : Pourquoi avez-vous choisi l’auto-publication et qu’est-ce qui vous a poussé vers Lulu plutôt qu’une maison d’édition traditionnelle ?

S : La facilité d’usage, les délais, le faible risque financier et la maîtrise totale sur mon texte. Pour moi il était primordial de pouvoir sortir le texte rapidement, sans avoir de comptes à rendre à personne, tout en étant un minimum rentable. Si j’étais passé par le circuit traditionnel, on aurait sans doute voulu que je modifie certains passages du texte, que je modifie certains chapitres… Bref : que je dénature mon œuvre. En plus, via le circuit traditionnel, les délais entre la soumission d’un texte et sa mise sur le marché sont parfois de plusieurs mois, là où avec une plateforme d’auto-édition c’est une question de minutes. S’ajoute à ça que via le circuit traditionnel, les droits d’auteurs auraient été bien moindres. Il me semble qu’en France un auteur ne touche en général que 1 euro par exemplaire vendu, ce qui fait qu’il faut vendre une très grande quantité d’ouvrages pour être rentable. Avec Lulu, je pense qu’avec seulement quelques centaines d’exemplaires vendus, on peut déjà avoir plus de chance d’avoir un revenu « vivable ». 

Bien que l’auto-édition industrielle « classique » existe aussi, j’ai préféré faire appel à Lulu pour minimiser mon risque financier et éviter de gérer la logistique. L’avantage sur cette plateforme, c’est que les livres sont imprimés à la commande. Via un structure « classique » d’auto-édition il faut commander parfois plusieurs centaines de livres en amont et gérer soi-même la logistique et je m’imaginais mal devoir faire ça.

L : Votre histoire n’a pas débuté dans notre boutique mais tout d’abord en ligne. Pourriez-vous commenter sur le rôle de YouTube dans le déroulement de votre projet ? Avez-vous des conseils particuliers pour d’autres auteurs Lulu concernant l’auto-marketing en cette ère du numérique ?

S : Je suis Youtubeur depuis 2013 (ça va donc faire environ 5 ans). J’ai une chaine Youtube suivie par plus de 425 000 personnes. L’immense avantage de Youtube c’est que c’est une plateforme qui permet de créer un véritable lien de proximité avec son audience, tout en étant libre de proposer un peu ce qu’on veut. Sur cette plateforme, l’enjeu principal est de captiver son audience et je pense qu’inconsciemment je cherche toujours à créer des choses destinées à intéresser les gens/piquer leur curiosité/les surprendre.

Comme je l’ai déjà dit en répondant à une question précédente, à l’origine mes histoires étaient diffusées sur ma chaine principale SUPERFLAME dans un format intitulé SUPERFLAME STORY. Depuis quelques mois, les SUPERFLAME STORIES disposent maintenant d’une chaine Youtube à part entière. L’idée : fédérer un public spécifiquement intéressé par mes œuvres de fiction audio. 

L’avantage de ça, c’est que ça me permet d’être directement en lien avec de potentiels futurs lecteurs (ma chaine principale étant plutôt axée sur l’humour, la seconde m’a permis de sélectionner ceux qui sont vraiment attachés à mes fictions).  S’ajoute à ceci que l’achat de mes livres constitue pour mes abonnés à la fois un approfondissement de ce qu’ils ont pu entendre dans mes vidéos et un objet « culte ». Plus que l’envie de le lire, chez certains c’est l’envie de le posséder qui a déclenché l’acte d’achat, j’en suis convaincu. Concernant les conseils que je peux donner à ceux désirant faire de l’auto-marketing : ayez de base un truc intéressant à vendre. Quand on écrit c’est pour être lu… par d’autres ! J’ai l’avantage de pouvoir soumettre à l’avance mes histoires à des dizaines de milliers de personnes, ce qui me permet d’en évaluer un certain potentiel commercial. Si le Calendrier d’Avant la Fin des Temps avait été un bide complet en termes d’audiences, je n’en aurais jamais fait un livre.

Je raisonne aussi toujours de la manière suivante : Si vous n’auriez pas envie de lire votre histoire, pourquoi diable est-ce que des gens auraient envie de le faire ?

Pour être intéressant et se démarquer, soit il faut faire mieux que ce qui est déjà intéressant, soit il faut faire quelque chose de totalement inédit. Je pense que trop d’auteurs oublient qu’ils écrivent pour être lus et qu’ils se perdent dans des phrases alambiquées qui ne racontent rien. Se constituer un public, entretenir un lien solide avec lui, et surtout lui montrer que vous ne le trahirez jamais. Toujours essayer de « faire mieux la fois d’après ».

Si mes ventes sur Lulu sont bonnes, c’est parce que j’ai su me constituer au fil des années un public prêt à me suivre dans mes projets et qui me fait confiance. Il est évident que sans ça j’aurais vendu beaucoup moins d’exemplaires.

Une chose que j’ai remarqué sur Lulu, très peu de gens prennent le temps de faire de jolies couvertures et des résumés qui « donnent envie ». C’est dommage. Ces deux éléments sont un peu comme « la bande annonce » d’un film. Vous pouvez avoir la meilleure histoire du monde, si votre première de couverture est laide et que votre résumé ne donne pas envie… ça va être difficile de vendre votre livre. Surtout que ce sont les seuls éléments dont disposent vos potentiels acheteurs sur Lulu.

En résumé : communiquez efficacement, créez-vous une communauté de lecteurs, établissez un rapport de confiance et ne le trahissez pas.

L : En plus de l’édition de votre ouvrage avec Lulu, vous avez fait une collaboration avec le studio Soundlife afin de réaliser une web-série, Andrew Bennet–pourriez-vous nous parler un peu de cette expérience ? 

S : Face au succès du Calendrier d’Avant la Fin de Temps, je savais que l’univers que j’avais créé avait un véritable potentiel. Je me suis donc dit que le porter à l’écran, puisque j’ai une chaine Youtube et que je suis également comédien, pouvait être une bonne chose. J’ai donc entamé l’écriture d’un scénario inédit centré sur le personnage de Andrew Bennett (un des personnages principaux du Calendrier d’Avant la Fin des Temps).  L’idée c’était d’aller au-delà de tout ce que j’avais fait jusqu’à présent. Puisque je savais que je n’avais pas les compétences requises pour créer une série entière tout seul, j’ai décidé de faire appel à une boîte de production, des gens dont c’est le métier. Le tournage fut une véritable aventure aussi bien sur le plan technique qu’humain. J’ai eu, au cours des mois de pré-production et production de la série l’occasion de travailler avec des gens formidables.

L : Peut-on attendre un retour de l’inspecteur Bloom et du mystérieux Monsieur Andrew Bennet à l’avenir ?

S : Oui. En ce qui concerne Andrew Bennett, vous pourrez le retrouver dans mon prochain roman intitulé « Les Démons d’Hugo » ainsi que dans d’autres SUPERFLAME STORIES sur ma chaine dédiée à la fiction audio. Pour ce qui est de l’inspecteur Bloom il devrait faire son grand retour dans la suite du Calendrier d’Avant la Fin des Temps prévue (à priori) pour fin 2019. Nous espérons également pouvoir réaliser une saison 2 de la série avec la production. Mais le projet est tellement ambitieux qu’il demandera vraisemblablement une somme d’argent bien supérieure à celle que nous avons pu récolter pour la saison 1 !

Affaire à suivre, donc.

Superflame Book

Embarquez sur l’enquête d’un monstre aussi élusive qu’affreux dans la petite ville somnolent de Marmotin avec Le Calendrier d’Avant la Fin des Temps.

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